Nacre
D’une nuit portuaire, un rêve de marin
S’échappe ivre et lunaire, au tout petit matin.
Entre l’embrun de ce reflet d’un fond de chope,
S’est puisé paresseux dans ce que rien n’écope
À la vague inutile, au naufrage émergé,
Un espoir facile : un visage aspergé
D’évidence, et fermées ses paupières offertes,
A surtout de scellé, des lèvres entrouvertes,
Un dernier mot sublime assourdi par le temps.
C’est le rêve qu’exprime insupportablement,
La pinte à son marin, de briser le silence,
Ce grand coup de surin, ce tranchant de l’absence.
Le jour vient découcher auprès de cette écluse,
Et le poivrot n’avait qu’éphémère et obtuse
Ivresse d’être ailleurs, même dans son habit
De faux navigateur, se donne un alibi.