C'est un recueil de poèmes, il se remplira régulièrement, au long cours, en quelque sorte.

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Aux mots brûlés



C'est une petite ruelle
Serpente à flanc de colline,
À Madrid ou à Bruxelles,
Une librairie argentine.

S'y tient entre des murs peints
Et rien n'est droit alentour,
Cette échoppe d'un Italien
Semble oubliée pour toujours.

Dans une lueur vacillante,
Un silence jamais entier,
Sont rangées ces feuilles volantes
Par milliards dans des casiers.

En longeant les étagères,
S'échappent des mots manuscrits :
Des je t'aime, je fais la guerre,
Aux pages cornées sont inscrits.

Plus de langues que d'êtres humains,
Des caractères d'imprimerie
Plus nombreux que des marins
Morts en mer de dysenterie.

Tous les alphabets du monde,
Plus incompris qu'une Joconde,
Classées par ce qui avorte,
S'y retrouvent des lettres mortes :

Des mots d'adieux, des excuses,
Des fins de non-recevoir,
De l'importun, des intruses,
Des mots trop durs ou trop noirs ;

Des carnets d'correspondance,
Brûlés par des cancres las,
Des suppliques aux assurances,
Des courriers pour l'au-delà ;

Il y a des demandes de grâce,
Des j'espère que tu vas bien,
Des je t'aime et je t'embrasse,
Le rayon - trop tard - est plein...

Le vieil italien rit jaune,
Et bouscule son apprenti,
Ses chicots offrent l'aumône,
D'un sourire plein de folie !

À Madrid ou à Bruxelles,
J'ai dévalé la colline,
Me jetant dans ces ruelles,
Pour fuir ce qui m'abomine.
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D
<br /> <br /> La page de fin de "Bartleby le scribe" d'Herman Melville :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> "La rumeur, donc, voulait que Bartleby eût exercé une fonction subalterne au service des Lettres au Rebut de Washingtown, et qu'il en eût été soudainement jeté hors par un changement<br /> administratif. Quand je songe à cette rumeur, je puis à peine exprimer l'émotion qui s'empare de moi. Les lettres au rebut ! Cela ne rend-il point le son d'hommes au rebut ? Imaginez un homme<br /> condamné par la nature et l'infortune à une blême désespérance ; peut-on concevoir besogne mieux faite pour l'accroître que celle de manier continuellement ces lettres au rebut et de les préparer<br /> pour les flammes ? Car on les brûle chaque année par charretées. Parfois, des feuillets pliés, le pâle employé tire un anneau : le doigt auquel il fut destné s'effrite peut-être dans la tombe ;<br /> un billet de banque que la charité envoya en toute hâte : celui qu'il eût secouru ne mange plus, ne connaît plus la faim ; un pardon pour des êtres qui mourrurent bourrelés de remords ; un espoir<br /> pour des êtres qui moururent désespérés ; de bonnes nouvelles pour des êtres qui mourrurent accablés par le malheur. Messages de vie, ces lettres courent vers la mort.<br /> <br /> <br /> Ah ! Bartleby ! Ah ! humanité !"<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'ai trouvé ce passage après avoir écrit le poème, pour autant que je m'en souvienne, et la parenté entre ce cauchemar que je croyais inventer et ce passage m'ont sauté au visage.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La traduction ne m'est pas très claire pour cette histoire d'anneau, la version originale sème assez facilement ma connaissance de la langue pour tirer ça au net :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> "The report was this: That Bartleby had been a subordinate clerk in the Dead Letter Office at Washingtown, from which he had been suddenly removed by a change in the administration. When I think<br /> over this rumor, hardly can I express the emotions which seize me. Dead Letters! Does it not sound like dead men? Conceive a man by nature and misfortune prone to a pallid hopelessness, can any<br /> business seem more fitted to heighten it than that of continually handling these dead letters, and assorting them for the flames? For by the cartload they are annually burned. Sometimes from out<br /> the folded paper the pale clerk takes a ring - The finger it was meant for, perhaps, molders in the grave; a bank note send in swiftest charity - He whom it would relieve nor eats nor hungers any<br /> more; pardon for those who died despairing; hope for those who died unhopping; good tidings for those who died stifled by unrelieved calamities. On errands of life, these letters speed to death.<br /> <br /> <br /> Ah, Bartleby! Ah, humanity!"<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> PS : Le "ring" c'est pas une image c'est un anneau véritablement découvert dans les cendres des lettres.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Première mise en ligne le Sam Déc 22, 2007 9:38 am :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://palmiereveur.forumparfait.com/post1395.html<br /> <br /> <br /> le 22/12/2007 10:35 :<br /> <br /> <br /> http://www.poemes-poesie.com/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=4439&forum=2<br /> <br /> <br /> Le 22/02/2008 :<br /> <br /> <br /> http://www.oniris.be/poesie/david-aux-mots-brules-1185.html<br /> <br /> <br /> Le 19/09/2008 à 02/29 :<br /> <br /> <br /> http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&ID=22440&cat=2<br /> <br /> <br /> Le Mar 16 Déc (2008) - 13:08 :<br /> <br /> <br /> http://www.forum-poetique.net/t5278-par-ici<br /> <br /> <br /> posté le mercredi 17 septembre 2008 06:54 :<br /> <br /> <br /> http://septembre.artblog.fr/17/<br /> <br /> <br /> <br />
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